La pilule

Il existe 2 types de pilule :
→ La pilule estropogestative qui contient 2 hormones : un estrogène et un progestatif.
→ La pilule microprogestative qui ne contient qu'un progestatif.

Schéma de prise :

Suivant votre pilule, il existe 2 manières de prendre sa pilule :
→ 21 comprimés + 7 jours de pause
→ Prise en continu (28 comprimés)
Dans ces 2 cas, la pilule doit être prise quotidiennement à heure fixe.

Commencer la pilule

Quand commencer ?

Il existe 2 manière de débuter la pilule :
→ Le premier jour des règles. Dans ce cas, la protection est efficace dès la première prise de comprimé.
→ À n'importe quel moment du cycle. Dans ce cas, il faut vérifier l'absence de grossesse et utiliser des préservatifs pendant 7 jours, le temps que la contraception se mette en place.

Comment commencer lorsque je change de pilule ?

Passage d'une pilule estroprogestative à :
→ Une pilule estroprogestative : il faut débuter à la fin des 28 jours (respecter la pause ou les placebos)
→ Une pilule microprogestative : il faut débuter à la fin des pilules actives (jeter les placebos si nécessaire)

Passage d'une pilule microprogestative à une autre pilule: il faut débuter dès la fin de la plaquette.

Erreurs d'utilisation

Comment réagir en cas d'oubli de pilule ?

Il est important de toujours prendre le comprimé oublié.
Le délai autorisé varie suivant les pilules :
→ Pilule estroprogestative + Cérazette : 12h
→ Pilule microprogestative : 3h
On réagira donc différemment si ce délai est passé ou non :

Si inférieur Si supérieur
Continuer la plaquette Continuer la plaquette
Préservatifs (7 jours)
Contraception d'urgence

Comment réagir en cas de vomissement ou de diarrhée après la prise d'une pilule ?

Lorsqu’un épisode de vomissement ou de diarrhée survient après la prise d’un contraceptif oral, la pilule peut ne pas avoir été absorbée correctement. Si cet épisode survient dans les 4 heures suivant la prise, il faut reprendre un comprimé. Au delà, on considère que le comprimé est absorbé.

Conseils d'utilisation

Comment éviter les oublis de pilule ?

Plusieurs techniques peuvent aider à ne pas oublier sa pilule :
→ Associer la prise à un geste quotidien (brossage des dents, démaquillage,...)
→ Utiliser un rappel (alarme sur téléphone, application sur smartphone (iPilule par exemple))
→ Adapter l’horaire de prise à son rythme de vie (prise le soir en cas de grasses matinées)
Si malgré ces techniques, les oublis sont récurrents, il faut en déduire que la pilule n’est pas une méthode adaptée pour vous. Il existe d'autres moyens de contraception peut-être plus adaptés.

Puis-je éviter d'avoir mes règles ?

Oui. Si vous êtes sous pilule estroprogestative, il suffit simplement d’éliminer la pause de 7 jours (ou les placebos). S’il s’agit d’une pilule monophasique, une fois arrivée à la fin de la plaquette, vous débutez directement la nouvelle plaquette. S’il s’agit d’une pilule multiphasique, vous pouvez agir de la même manière, mais des spottings sont susceptibles de se produire. Ce blocage des règles ne doit pas excéder 3 ou 4 cycles d’affilée, car des métrorragies peuvent survenir de manière imprévisible par atrophie de l’endomètre.

Risques et effets indésirables

La pilule et le risque de thrombose

Le risque d’accident thromboembolique veineux existe chez toutes les femmes, qu’elles soient sous contraceptif estroprogestatif ou non. Ce risque est de :
→ 5 à 10 cas pour 100 000 années-femmes chez une femme en bonne santé ne prenant pas de contraception estroprogestative (15 à 44 ans). Une année-femme correspond à l’utilisation d’une méthode contraceptive par une femme pendant 1 an.
→ 20 cas pour 100 000 années-femmes pour une femme prenant une pilule estroprogestative de deuxième génération. Cela correspond à dire un risque multiplié par 2.
→ 40 cas pour 100 000 années-femmes pour une femme prenant une pilule estroprogestative de troisième génération ou quatrième génération contenant de la drospirénone. Cela correspond à un risque multiplié par 4.
Ces accidents thromboemboliques veineux vont évoluer dans 1 à 2% des cas en une embolie pulmonaire menant au décès. Parmi ces accidents, une majorité de femmes présentait d’autres facteurs de risque que la prise d’une contraception estroprogestative, tels qu’un surpoids, une immobilisation ou une thrombophilie congénitale ou acquise. Il a par ailleurs été prouvé que ce risque était plus important au début de la contraception (11 fois plus important que sans contraception lors de la première année d’utilisation). Toute réinitiation de contraception après un arrêt de pilule, en dehors de la pause de 7 jours, remet à zéro le compteur.
Les signes évocateurs de phlébite sont un gonflement de l’une des cuisses ou des jambes, une douleur avec ou sans gonflement d’un mollet. Dans ce cas, veuillez consulter votre médecin rapidement.

La pilule augmente-t-elle le risque de cancer ?

Oui et non.
Concernant la contraception estroprogestative, les études démontrent :
→ Une augmentation du risque de certains cancers, notamment du sein et du col utérin.
→ Un effet bénéfique sur la survenue du cancer de l’endomètre, de l’ovaire et colorectal.
Concernant la contraception microprogestative, les données sur le cancer du sein sont contradictoires. Certaines études démontrent une augmentation du risque de cancer du sein, d’autres aucune augmentation.

La pilule rend-elle stérile ?

Non, la pilule ne rend pas stérile. Dès l’arrêt de la pilule, il est possible d’être enceinte.
Il a cependant été démontré que la fertilité, suite à l’arrêt de pilule estroprogestative, était diminuée. Il faut en moyenne 3 mois de plus pour être enceinte après l’arrêt de la contraception estroprogestative par rapport à une femme n’ayant pas été sous contraception estroprogestative. On ne retrouve pas cette différence avec la contraception progestative.

la pilule fait-elle grossir ?

Dans les notices des pilules estroprogestatives, la modification du poids (augmentation ou diminution) est noté comme un effet indésirable fréquent. Mais une revue des études sur le sujet n’a pas mis en évidence ce lien entre pilule et prise de poids. Les données sur le sujet sont insuffisantes, mais s’il y avait un effet sur la prise de poids, celui-ci serait minime.

La pilule agit-elle sur la libido ?

Plusieurs études ont mis en évidence une diminution du désir et de l’excitation sexuelle chez les femmes utilisant une contraception hormonale par rapport aux femmes utilisant d’autres moyens de contraception. Cette diminution de la libido serait due à la diminution du taux d’androgène libre circulant, entre autre de la testostérone qui est nécessaire à la stimulation du désir sexuel et régule l’afflux sanguin dans les structures génitales.

Mon enfant a ingéré une ou des pilules, est-ce dangereux ?

Non, cette intoxication est bénigne et ne nécessite pas de prise en charge particulière. En cas d’ingestion d’une ou plusieurs pilules (voire la plaquette), il ne faut pas tenter de faire vomir l’enfant. Chez certains enfants, il peut y avoir apparition de quelques troubles digestifs.